Si vous raffolez des camions, le Ford SVT Raptor 2010 vous fera -- ou vous fait déjà -- rêver. Eh oui! Ford a ranimé sa division des véhicules spéciaux (SVT) pour créer une camionnette haute performance d’après la populaire F-150. Une quincaillerie de plus gros calibre et une suspension spécialement retravaillée figurent au menu. Entendons-nous bien, toutefois : il ne s’agit pas que de simples ajouts, mais bien d’un modèle à part entière… pour ne pas dire dans une classe à part!

Immanquable en dehors et en dedans
Le but du Raptor est d’offrir une conduite très rapide et très excitante sur pratiquement tous les terrains. Cette vocation nous apparaît visuellement par des élargisseurs d’ailes massifs, une posture plus imposante et des décalques optionnels ressemblant à des marques de griffes ou à des cicatrices. On dirait que le Raptor est allé à la guerre contre un méchant Dodge Power Wagon.
Des feux périmétriques à DEL lui donnent un profil vraiment unique le soir, tandis que le faciès exclusif met en valeur sa carrosserie élargie. De mémoire, je ne me rappelle pas avoir vu un devant de camion aussi intimidant. En fait, aussi étrange que cela puisse paraître, le look d’ensemble suggère un croisement entre un Tonka et un BMX, le tout gonflé aux stéroïdes!
L’intérieur se montre aussi spectaculaire. Marquant un net contraste avec le cuir et le bois optionnels de la F-150 régulière, mon modèle d’essai arborait des sièges en noir et orange aux textures variées, des garnitures orange et des accents de tableau de bord en aluminium. Le volant spécial comporte une bande de repère rouge au centre, pour aider le conducteur à ramener le véhicule sur le droit chemin lors des dérapages, tandis que l’écran de navigation affiche une intro «RAPTOR» à chaque ouverture du système.
L’écran, vous l’aurez deviné, sert aussi d’interface pour SYNC, la technologie d’info-divertissement mains libres de Ford, qui lit à voix haute les messages texte entrants de votre cellulaire et télécharge sur disque dur des fichiers musicaux à partir d’un CD.
Beaucoup d’espace et de rangement est offert à l’intérieur de ce camion, mais il est dommage qu’on ne retrouve pas de poignées d’accès pour les passagers arrière. À l’avant, un panneau de branchement pour divers accessoires a été inclus. À cet endroit aussi, on a placé les boutons de commande du système de contrôle en descente et du mode tout-terrain. Ce dernier modifie les paramètres de la transmission, de l’ABS et de l’antidérapage pour une conduite optimisée sur les surfaces glissantes ou accidentées.

Du moteur jusqu’au sol
Le cœur du Raptor abrite un V8 de 5,4 litres développant 320 chevaux à l’aide d’une boîte automatique à six rapports. Ce moteur n’a pas autant de mordant que son double échappement a de voix et les accélérations sont loin d’être époustouflantes. Il ne s’agit donc pas d’un «hot-rod» en format géant. Par contre, avis aux intéressés : un V8 de 6,2 litres produisant environ 400 chevaux sera optionnel à compter de l’an prochain.

La puissance se transfère aux roues via un système 4x4 à molette comprenant une gamme basse. Le tout est assorti d’un rapport de pont final de 4,1:1 (exclusif au Raptor) et d’un différentiel arrière verrouillable à n’importe quelle vitesse par le conducteur.
Avec sa généreuse garde au sol, ses crochets de remorquage et ses pneus colossaux, la performance hors route du Raptor n’est jamais remise en question. Cette camionnette se montre solide, robuste et prévisible à conduire dans la plupart des escapades en dehors des sentiers battus, qu’on parle de dunes, de boue, de sable ou même de sauts (si le cœur vous en dit). Parions qu’elle se tire très bien d’affaire dans la neige aussi.
Roulement signé Fox
Cela dit, le Raptor paraît davantage conçu pour faire la course dans le désert que se lancer tête première dans les marécages. Tout repose sur la suspension. Ainsi, sur les chemins de terre, les amortisseurs spéciaux Fox Racing contrôlent admirablement les mouvements de la caisse. Ceux à l’arrière absorbent bien des impacts relativement durs provenant du terrain, tandis que le grand débattement garde le véhicule calme et confortable. Je l’ai surtout apprécié en roulant sur les bosses et les ondulations rapprochées. Notons que des plaques de protection métalliques sont installées sous les principales composantes mécaniques.
En passant, je n’ai pas sauté par-dessus des dunes de sable, comme on voit des conducteurs de camions le faire dans plusieurs vidéos sur YouTube -- même si la suspension me suppliait quasiment.
Bien entendu, la plupart des propriétaires de Ford F-150 SVT Raptor ne participeront pas à des courses dans le désert de Baja; ils préfèreront apprécier ses belles manières sur l’autoroute. À 110 km/h, le bruit et la turbulence se comparent à ceux d’une berline familiale moyenne. Oui, le roulement peut devenir sec avec quelques rebonds agaçants sur les chaussées très endommagées, mais la conduite demeure quand même stable et sécurisante.

Vivre avec ce dinosaure
Les défauts du Raptor sont généralement excusables compte tenu de sa vocation. La consommation d’essence peut dépasser les 20 L/100 km quand on décide de faire retentir le moteur par les gros tuyaux d’échappement. Moi, par contre, j’ai obtenu une moyenne d’environ 16,5 L/100 km.
Étant donné son gabarit, le Raptor est de plus difficile à manœuvrer dans les cours de stationnement. Se procurer la caméra de recul demeure une excellente idée si l’on ne veut pas abîmer le pare-chocs arrière en décapitant une smart fortwo.
En bout de ligne, une chose reste sûre : le Raptor de Ford fera le bonheur des mordus de gros camions. Rien de semblable n’existe sur le marché actuellement. Or, si Ford connaît beaucoup de succès avec ce modèle (Prix à partir de 49 900 €), parions que la concurrence réagira assez vite.

Ford F-150 en stock chez Manhattan Cars
Article, photos: Justin Pritchard, Ford - Auto123.com












