CHELSEA, Michigan – Entièrement redessinée pour 2011, la Dodge Charger, avec sa silhouette plus svelte ressemblant à une bouteille de Coke, ses feux arrière rétro et son habitacle nettement amélioré, est maintenant complète avec l'arrivée de l'édition 2012.
Quand on pense à tous les changements d'envergure chez Chrysler, notamment l'abandon des vieux moteurs à quatre et à six cylindres au profit du nouveau V6 Pentastar ainsi que le niveau de qualité beaucoup plus élevé à l'intérieur des véhicules, le lancement de la Charger 2011 a pris le second plan.

Or, la nouvelle boîte automatique à huit rapports, disponible avec tous les modèles équipés du V6, vient boucler la boucle.
Au début, celle qui porte le nom de code 845RE sera fournie par la société allemande ZF, la même qui produit des transmissions pour Audi et BMW. Toutefois, Chrysler a obtenu les droits en vue de la fabriquer un jour à son usine de Kokomo, en Indiana. Optionnelle avec la Charger SE de base (1000 $US), elle se retrouve de série dans les versions Rallye et Rallye Plus à propulsion et à traction intégrale.
Nous avons eu la chance de découvrir la Dodge Charger 2012 au centre d'essai de Chrysler, à Chelsea dans le Michigan. Une route à deux voies composée de divers revêtements nous a permis d'évaluer la suspension, les bruits et les vibrations, tandis qu'un petit circuit étroit aux nombreux virages en épingle nous a aidés à exploiter le plein potentiel de la voiture.
La boîte à huit rapports a été conçue d'abord et avant tout pour réduire la consommation, mais les deux rapports additionnels rehaussent aussi le confort et le raffinement en général. En conduite normale, les passages se révèlent d'une extrême fluidité et le faible régime que favorisent les 7e et 8e rapports contribue à sauver de l'essence lorsqu'on roule à haute vitesse. Le poids léger de la boîte (80 kg) joue également un rôle là-dedans.

Le Pentastar de 292 chevaux ne rivalisera jamais avec le HEMI de la Charger SRT8 quand vient le temps de décoller. Toutefois, les nouveaux ratios de démultiplication et le nouvel étagement rendent les changements de rapport instantanés, facilitant les manœuvres de dépassement et conférant à la grosse berline un caractère énergique. Notons que les exemplaires munis des groupes d'options Rallye et Blacktop possèdent des sélecteurs de vitesses au volant et un affichage du rapport choisi au milieu de l'instrumentation.
Du côté de la suspension, des coussinets hydrauliques remplacent les anciens en uréthane rigide et absorbent les chocs plus prononcés de très belle façon. Lors des tests de tenue de route, les modèles à traction intégrale se sont montrés stables et sécuritaires, bien que le poids supplémentaire ait rendu leur maniabilité et leur performance moins vives que celles des modèles à propulsion.

Cela dit, les personnes qui affrontent les rigoureux hivers canadiens seront enchantées de pouvoir équiper leur Charger à moteur V6 d'un système de traction intégrale – le V8 n'en a plus l'exclusivité. En outre, lorsque deux roues motrices suffisent, l'essieu avant se désengage automatiquement de la boîte de vitesses pour maximiser l'efficacité énergétique.
Personnellement, j'opterais pour une Charger Blacktop même si la SRT8 génère une puissance prodigieuse. Vêtue d'une carrosserie noir mat et reposant fièrement sur des jantes en aluminium de 20 pouces au fini noir lustré, la furtive Blacktop paraît menaçante mais quand même plaisante, comparativement à la brutale et bestiale SRT8. La console en aluminium brossé présente un levier de vitesses digne du bon vieux temps et les sièges bénéficient de renforts latéraux additionnels.
Ce n'est certes pas une bombe de 470 chevaux, mais cette arme plus légère l'emporte sur sa grande sœur au chapitre de l'agilité et du plaisir pur.
À l'instar de la Ford Mustang, la Dodge Charger 2012 à moteur V6 ne représente plus un compromis; on la désire autant pour sa performance que son aspect économique. Chrysler est toutefois le seul fabricant nord-américain à offrir une boîte à huit rapports











